Voilà un peu plus de deux semaines que nous sommes rentrés de ce superbe voyage au Cameroun... Pas facile de raconter un voyage comme celui-ci mais nous allons essayer de vous faire partager notre découverte, nos impressions. Faire le récit complet d'un voyage aussi surprenant et riche en évènements remplirait un bouquin entier ! C'est pourquoi nous vous proposons un florilège de moments choisis.
Nous arrivons à l'aéroport de Yaoundé le 27 mars avec plus d'une heure de retard, à plus de minuit ! Attendant nos bagages aux côtés des « Lionceaux indomptables », avec qui nous étions dans l'avion, nous apercevons nos GO de Gratos Aventure : Soeur Cathérine et Monsieur Guillaume de l'autre côté de la barrière des douaniers à moitié endormis !! Tant mieux car nous avions un bon chargement de fromages, de saucissons et chocolat pour nos amis !
Le voyage nous emmènera à 4 pendant 15 jours à la découverte des régions de l'ouest et du littoral Cameroun à l'aide des transports locaux uniquement !
Après un court passage à Yaoundé, notre première étape nous amène à rencontrer les enfants d'un orphelinat à Bangangté, au sud de Bafoussam. Le Père Claude Lah a pris sous son aile, à La Bonne Case, une vingtaine d'enfants orphelins du sida. Une vie en communauté rythmée par l'école et le travail aux champs leur permet de grandir dans de meilleures conditions que la plupart des enfants camerounais. Sous l'oeil exercé des enfants, nous nous essayons au maniement de la houe et de la machette.
Nous faisons également notre première récolte de manioc avec les deux jeunes encadreurs Boris et Aurélien. Notre courte halte nous laissera de merveilleux souvenirs en leur compagnie mais nous repartons déjà vers Bafoussam, point de chute central de nos futures excursions.
L'ouest camerounais se compose de multiples royaumes plus ou moins anciens dont les chefferies abritant le roi et le conseil des sages restent les symboles visibles d'une société aux ethnies diverses.
Les visites de la chefferie Bandjoun, royaume Bamiliké, et du Palais du Sultan de Foumban, chef religieux de 800 000 bamoun, nous plongent dans les us et coutumes ancestraux de l'Afrique Centrale. Au détour d'une explication, notre guide bamoun nous apprend d'ailleurs l'une des raisons de la polygamie africaine. Le 17ème sultan de la dynastie, érudi et historien de son peuple, a théorisé la beauté des femmes en 99 points. Il justifie ainsi que l'on ne peut trouver en une seule femme tous ces critères réunis !
Dans cette recherche d'authenticité, nous nous dirigeons toujours plus à l'ouest. A Dschang comme à Ekom Nkam, les grandes chutes d'eau sont toujours entourées de mystères animistes. Les chutes de Mami Wata, à ¾ d'heure en moto de Dschang sur des pistes montagneuses de terre rouge sont habitées par des esprits de la nature. Le sanctuaire en tête de chutes comme la forêt sacrée à son pied sont deux exemples de la ferveur animiste encore présente chez les camerounais.
Les chutes d'Ekom Nkam situées au fond d'un vallon verdoyant ont bien failli nous noyer sous la pluie torrentielle d'un orage tropical !! L'épique remontée vers Melong par la piste boueuse et ruisselante nous a laissé d'innombrables tâches indélébiles tant le taxi nécessita l'aide des deux garçons pour sortir des ornières ! Les filles étant sorties de la voiture et restées à l'écart car elles n'étaient pas rassurées par la conduite peu maîtrisée du taximan ! Imaginez un 4L Trophy dans la forêt tropicale avec une vieille toyota corolla au pare-brise étoilé, au garde-boue percé et la fonction quatre roues motrices en moins !
Heureusement nos GO ont prévu ce soir-là un bel hôtel très typique. Chaque boucarou, sorte de case ronde faite d'un palissage de bois, abrite une chambre flanquée d'une salle de bains alliant tradition et modernité.
Après une bonne grasse matinée réparatrice, nous emboîtons le pas de notre guide Alain pour une randonnée en territoire Peuls, éleveurs de bétails, sur les flancs des Monts Manengouba. La montée vers le village sous le soleil au zénith nous rappelle combien il est important de se lever tôt le matin si l'on veut éviter de tremper le maillot.
Arrivés au campement des Peuls
Bororos, nous goûtons au calme et à la fraîcheur d'une soirée dans la montagne. Les premiers contacts difficiles ne nous découragent pas. Nous passerons outre le pidgin (leur langue : mélange
d'anglais et de dialecte) pour rire ensemble autour d'un plat de haricots.
Après nous avoir assigné une petite case pour la nuit, le chef nous laisse car il a encore ses troupeaux à rassembler dans l'enclot.
Il nous faut encore faire bouillir l'eau de la rivière (où les boeufs sont passés une demi heure auparavant) pour notre repas du soir et nos « bidons » du lendemain avant de pouvoir nous reposer.
Dès l'aube il nous faut déjà charger nos sacs à dos pour reprendre le chemin des Lacs Jumeaux. Après 2h30 de marche et un dernier virage, nous embrassons un magnifique panorama sur un ancien plateau volcanique verdoyant. De grands troupeaux de boeufs semblent paître paisiblement au milieu des monticules. Un versant abrupte nous permet de rejoindre le plateau pour aller observer le miroir naturel du lac qui occupe le fond d'un cratère.
Alain nous a réservé la surprise d'un ananas frais et sucré pour agrémenter la pause pti dèj sur les rives du lac. Nous pensions alors que la petite cuisine de la veille, totalement enfumée puisque sans cheminée, n'avait imprégné que nos habits, nous rappelant nos bons souvenirs de scoutisme. Quelle fut notre surprise en découvrant que ce goût de cendre était aussi passé dans l'eau de nos bidons !
La pause pti dèj terminée, il nous faut prendre le chemin du retour afin de regagner le pied de la montagne.
Notre dernière étape avant d'atteindre la côte du Golfe de Guinée est la grande plantation fruitière de Njombé. Vincent, un expatrié, nous balade avec passion au milieu de ses parcelles d'ananas et de bananes. Au petit matin, le balai des avions acrobates pulvérisant les engrais nous réveille.
Ce week-end salutaire clôture une première semaine riche en découvertes. La seconde semaine prendra une tournure bien plus balnéaire...
Limbé, ville côtière au pied du Mont Cameroun, nous offre ses plus beaux atours. Une eau tiède lèche ses plages de sable volcanique bordées de palmiers élancés. Seule la plus grande raffinerie du pays pointe ses cheminées à l'horizon.
Longeant la côte vers le sud, nous atteignons Douala, la plus grande ville du pays, capitale économique et ville nourricière du Cameroun de par son immense port de
commerce. C'est ici que nous trouverons les plus beaux artisans d'art et la meilleure cuisine du pays. Les rues grouillent nuit et jour et notre passage provoque quelques interjections : «
Hey, c'est comment petit Sarkozy ? », ce à quoi nous répondons : « Et c'est comment Popaul ? ».
Toujours plus au sud, nous rejoignons « les Antilles » du Cameroun. Kribi est effectivement un vrai décor de carte postale.
Malheureusement pour nous, une salade mal lavée nous gâchera notre première nuit. Seul Guitch, avec ses intestins de camerounais, dormira comme un bébé !
Le spectacle matinal des pirogues revenant de la pêche et la baignade dans une eau aussi chaude resteront cependant dans nos mémoires.
Il nous faut déjà quitter la côte pour repartir à l'est. Nous ferons la route pour Mbalmayo en deux étapes. A Pouma, petite ville sur l'axe lourd Douala-Yaoundé perdue au milieu de la forêt tropicale, nous rencontrons d'autres coopérants, amis de nos GO. Le seul équipement important se révèle être leur lieu de travail : l'hôpital catholique que nous visiterons assidûment pour mieux comprendre le système de soin local. Leur maison située au sommet d'une colline offre une vue splendide sur la canopée. Cependant, à la tombée du jour, une invasion de bestioles invisibles surnommées les mout-mout nous surprend. Nous découvrirons le lendemain à quel point leurs piqûres démangent !! Il paraît qu'avec le temps on s'y habitue...
Après 14 jours de voyage, nous retrouvons notre point de départ, le collègue Saint-Coeur de Marie de Mbalmayo où logent Soeur Cathérine et Monsieur Guillaume. Nous y passerons encore quelques bons moments avant de rejoindre l'aéroport, notamment le repas à la communauté des soeurs, la visite du sanctuaire marial ou la cérémonie de lever des couleurs par les scouts du collège pour la rentrée des classes.
Dernière note d'humour : sur la route nous menant à l'arrêt aux porcs de Yaoundé, nous avons rencontré des gendarmes pseudo-médecins qui s'inquiétaient plus de contrôler notre carnet de vaccinations que notre identité. Peut-être une manière de nous dire au revoir ?!
PS : Nous ne remercierons jamais assez Gratos Aventure et ses deux meilleurs éléments : Kate et Guitch pour ce surprenant séjour en Afrique Centrale.