Samedi 5 juillet 2008
publié dans :
VIE QUOTIDIENNE
Samedi 5 juillet 2008.
Décidément le blog devient de plus en plus interactif. Et c'est bien le but de notre blog. En tout cas c'est bien sympa que cela fonctionne.
Voilà donc une nouvelle question qui nous est posée par Julia et Adrien (super cousine et super beau-cousin), à l'occasion d'un petit commentaire laissé pour me souhaiter un joyeux anniversaire le 3 juillet à l'occasion de mes 30 ans. Voilà donc la question : « Je me demande si au Cameroun aussi on souffle des bougies sur un gâteau pour les anniversaires... ».
Voilà donc la réponse. A Mbalmayo, je n'ai jamais entendu parler d'anniversaire. Pour ce qui est de souffler des bougies sur un gâteau, c'est encore moins probable. Mais si vous le voulez je vais décortiquer un peu plus la réponse. La notion même de l'anniversaire revêt plusieurs caractéristiques :
- D'abord, parlons un peu du fait de connaître sa date de naissance, ou plus généralement de la notion du temps. Demandez à un Camerounais « quelle heure est-il ? », au lieu de répondre : « il est 9h moins 20 », il dira « il est 9h moins. ». Demander à quelqu'un qui attend le bus, depuis combien de temps il attend, il répondra : « je suis là depuis. ». On comprend déjà un peu mieux cette relation au temps qui est assez floue est élastique. Quant à connaître sa date de naissance, ça c'est bien un « truc de blanc ». Pour donner un exemple. Dans un village (ou plutôt une ville) pas loin de chez nous, c'est une blanche qui a été élue maire. Elle était stupéfaite de voir que pendant très longtemps il n'y a eu aucun acte de naissance enregistré à la mairie, simplement faute de registre !! De nombreuses naissances n'ont jamais été civilement enregistrées !! Mais ici, ça ne choque personne. « A quoi ça peut même servir de savoir sa date de naissance ? ». Il y a aussi, dans les villages très reculés, des gens qui ne seront jamais enregistrés dans le moindre registre (naissance, banque, commissariat, contrat de travail), ils sont civilement inexistant !!! c'est choquant, c'est une civilisation à tradition orale, alors il n'y a pas tous c'est registres…. Récemment je regardé le permis de conduire d'un des surveillant du collège. A l'intitulé « date de naissance », était indiqué : « vers 1960 » ! Et pour couronner le tout, quand l'acte de naissance existe et qu'il y a une vraie date inscrite dessus, il y des chances pour qu'il soit faux !!(On en a des classeurs complets au collège, des enfants qui nous donnent dans l'année deux ou trois actes différents !!!). Mais là on change de sujet, c'est la corruption et l'art du « faux ».
- Ensuite, en ce qui concerne l'aspect festif qui l'on met « derrière » un anniversaire occidental, avec ses gâteau, cadeaux, ballons… On peut dire que c'est quand même réservé aux enfants, année après année, l'enfant se voit ainsi grandir. On met l'enfant à l'honneur, c'est son anniversaire, c'est son jour. Ici, l'enfant n'est pas considéré comme cela, il n'a malheureusement pas le droit à tout cela. Cf. article « être enfant au Cameroun ».
- Enfin, la notion même de gâteau est bien une notion qui vient des blancs. Dans notre boulangerie de Mbalmayo, il y a du pain, quelques cakes, quelques marbrés. Même pas de gâteau au chocolat !! Il y bien quelques pain au chocolat et chaussons au pomme mais qui ne sont vraiment pas bon… La notion même du dessert que l'on prend en fin de repas n'est pas connue ici. Quand, j'expliquais à un collègue de travail que chez nous au cours d'un repas on mange plusieurs plats (entrée, plat, dessert…), il rigolait de moi(en pensant un truc du genre « ah, ces blancs ils ont vraiment l'argent »). C'est sûr qu'ici on est du genre à manger des beignets, histoire de se remplir le ventre à moindre coût pour ne plus avoir faim, alors faire un repas avec plusieurs plats c'est impensable… Et l'équilibre alimentaire, j'en parle même pas !!
- Ah j'oublie. Les bougies. Disons simplement qu'ils n'en achètent que rarement pour s'éclairer les soirs de coupure de courant, c'est trop cher par rapport aux lampes à huile. Alors en mettre sur un gâteau…
Voilà donc une analyse rapide. C'est un peu caricatural. Quand on se rapproche de Yaoundé ou Douala, les grosses villes du Cameroun, ou si on va voir les gens qui voyagent un peu ou qui sont en contacte fréquemment avec des occidentaux, là on verra que les habitudes changent et quelles sont très proches des notres. De plus, le Cameroun est grand, il est appelé « l'Afrique en miniature » par conséquent les habitudes sont différentes d'un endroit à l'autre. D'une ethnie à l'autre…
Anniversaire d'Alex. Un autre coopérant, 30 ans pour lui aussi.
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